Méthode d’importation des vêtements de Turquie vers l’Algérie (sans registre Import/Export)

De nombreuses marchandises commercialisées en Algérie, notamment les vêtements du type prêt-à-porter, sont importées depuis la Turquie. Ceci s’explique par les de nombreux facteurs dont la qualité, les prix assez intéressants (vu que c’est fabriqué sur place), mais surtout, la proximité géographique qui fait que les délais de livraison sont beaucoup moins longs que depuis la Chine.

Les connaisseurs du marché algérien croient (à tort ou à raison) qu’il est parfois nécessaire de passer par des moyens détournés afin de pouvoir recevoir sa marchandise. Ceci impliquerait, entre autres, des problèmes de dédouanement ou de registre de commerce.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’en est rien de tout cela, et que la procédure est très simple, pourvue d’en cerner tous les détails.

Pourquoi il faut se rendre sur place

Tout d’abord, nous déconseillons fortement d’acheter depuis des catalogues en ligne, que ce soit depuis des plateformes turques ou via des intermédiaires algériens. Souvent, les images ne correspondent pas vraiment à l’état et à la qualité du produit livré.

Il est donc impératif de se rendre sur les lieux, parler aux vendeurs et vérifier la marchandise de ses propres yeux. Y être permet aussi de mieux pouvoir négocier les prix, chose impossible à faire par internet.

La devise

Dans tout commerce international, il faut savoir bien gérer sa devise et faire le moins de conversions possible. Il faut aussi savoir qu’il est impossible de faire sortir plus de 1000 euros avec soi, à moins d’avoir une attestation bancaire.

Pour ce faire, il suffit de se rendre à n’importe quelle banque (étatique de préférence) et demander à ouvrir un compte en devise. Souvent, celles-ci vous demanderont d’ouvrir un compte en dinar par la même occasion.

Il suffit alors d’y déposer une somme supérieure à 1000 euros, mais inférieure à 7500 euros, car c’est le maximum qu’un voyageur peut exporter avec lui comme devise lors d’un voyage.

Au bout de 24h, une attestation de retrait de devise peut être effectuée peut alors être retirée de la banque, mentionnant la somme déposée. L’attestation doit ensuite être remise aux agents douaniers à l’aéroport.

Le visa

Les cas de refus du visa turc sont très rares hormis certaines catégories spéciales. Pour l’obtenir, il suffit de se présenter à l’une des agences Gateway présentes sur le territoire national. Le dossier à fournir ainsi que la somme à payer sont expliqués en détail ici.

L’hébergement

En effectuant sa réservation d’hôtel (voir comment faire ici), il est préférable de se tourner vers les établissements hôteliers qui se trouvent dans la région de « Beyazit » à Istanbul. C’est près de là que se trouve la majorité des transitaires qui se chargeront de vous envoyer la marchandise jusqu’à l’Algérie.

Il est impératif de vérifier que sa marchandise est bel et bien arrivée au transitaire la veille du vol retour, afin de pouvoir obtenir un certain code d’identification de la marchandise, avec lequel la récupérer une fois arrivée chez le transitaire en Algérie.

Les frais de séjour

Pour un séjour de 5 jours par exemple, il faut compter environ de 93.000 DA, répartis comme suit :

  • Environ 18.000 DA (90 euros) pour les frais de visa.
  • Environ 10.000 DA (50 euros) des frais d’hôtel.
  • Environ 10.000 DA (50 euros) entre nourriture et transport.
  • Environ 55.000 DA (275 euros) pour le billet d’avion.

Le quartier des transitaires

Avant de partir en Turquie, il est préférable d’aller voir un transitaire dans sa ville de résidence ou là où la marchandise veut être reçue. Souvent, chaque transitaire algérien travaille avec une liste spécifique de transitaires turcs.

Il faudrait donc demander au transitaire algérien les coordonnées exactes de l’un de ses partenaires en Turquie. Ceci fait gagner beaucoup de temps, et évite d’avoir des problèmes de coordination lors de la réception de la marchandise.

Une fois en Turquie, il ne reste plus qu’à se rendre à l’adresse du transitaire turc, qui se trouve sans doute dans la région de « Beyazit » (grand bazar), d’où l’intérêt de séjourner dans l’un de ses hôtels.

On mentionnera aussi que la majorité des commerçants revenus importer de la marchandise y séjournent aussi. Certains en profitent même pour se faire des connaissances, ce qui peut s’avérer intéressant, surtout pour ceux originaires du même pays.

Chez le transitaire

Une fois chez le bon transitaire, il faudra lui demander un code de suivi, nécessaire à identifier la marchandise une fois en Algérie. Ceci ne demandera pas plus que le remplissage d’un formulaire mentionnant le nom, le prénom, l’adresse en Algérie et le numéro de téléphone algérien. 

Le prix de l’obtention de ce code est de 0 DA, c’est-à-dire qu’il est totalement gratuit. Attention à ceux qui veulent le faire payer !

A la fin de la procédure, le transitaire vous donnera une carte de visite avec votre code mentionné dessus. Une carte qu’il faudra évidemment garder pour l’étape suivante

L’achat des marchandises

Suite à des accords entre les transitaires, ou à cause de problèmes douaniers, certains transitaires affichent à l’intérieur de leurs bureaux une liste de marques qu’ils refusent de transporter. Ces dernières se trouvent souvent être des marques de luxe (ou plutôt leur contrefaçon), à l’instar de Puma, GUCCI, … etc.

Il faut donc soit éviter d’acheter les marques mentionnées, soit aller voir d’autres transitaires (toujours dans le même quartier) qui accepteraient de les ramener en Algérie.

Il ne reste plus qu’à aller acheter la marchandise, si c’est des vêtements, de nombreux grossistes se trouvent déjà dans la région de « Beyazit ». Si vous n’avez pas d’idée précise sur la marchandise que vous souhaitez importer, aller aussi faire un tour aux quartiers de « Merter » et « Laleli » pour voir ce qui s’y trouve.

Du grossiste au transitaire

Une fois la marchandise négociée et achetée, deux possibilités s’offrent à vous :

  • Transporter vous-même la marchandise chez le transitaire : Ce qui souvent dans le cas des petites quantités.
  • Demander au grossiste de les livrer chez le transitaire : Chose qu’ils s’acceptent de faire à partir de certaines quantités de marchandises achetées.

Si vous prenez la décision de demander au grossiste de la ramener chez le transitaire, il faudra lui laisser la carte de visite contenant le code client de suivi. Ceci est obligatoire pour que le transitaire accepte de recevoir la marchandise et donc de la livrer ensuite en Algérie.

Acheter chez plusieurs grossistes

Autre cas qui arrive souvent, si vous achetez votre marchandise chez plusieurs grossistes, il faut au préalable négocier avec l’un d’eux (celui chez qui vous achetez la plus grosse quantité) pour que vous puissiez rassembler toutes les marchandises achetées chez lui afin qu’il les livre au transitaire sous le même code de suivi.

Faites tout votre possible pour que votre marchandise soit livrée le jour même au transitaire, ceci est plus que nécessaire vu que vous allez devoir la vérifier en fin de jour pour s’assurer que rien ne manque.

Si la marchandise n’est pas reçue le jour même, retournez chez le grossiste le lendemain afin de le presser de le faire dans la même journée. N’hésitez pas à insister, c’est comme ça que ça marche là-bas.

Retour chez le transitaire

Une fois la marchandise reçue par le transitaire, elle sera mise dans un hangar dédié. Le transitaire vous demandera de l’accompagner pour la voir, et pour l’aider à l’emballer soit dans des cartons, soit dans de gros sacs transparents en forme de tubes.

Remplissez-les bien, et fermez-les bien et laissez-le mentionner votre code sur chacun d’eux. Ensuite, il faudra le payer pour la prestation, environ 30 à 40 lires par carton (4 à 5 euros soit entre 800 et 1000 DA le carton).

Il vous donnera ensuite le choix entre deux moyens de livraison :

  • Par voie aérienne : la marchandise sera livrée par avion, elle arrivera dans 3 ou 4 jours, mais elle coûtera un peu plus cher que l’autre option.
  • Par voie maritime : la marchandise sera livrée par bateau (porte-containers), mais prendra jusqu’à 15 jours pour arriver en Algérie. Néanmoins, c’est l’option que nous conseillons, car la moins chère.

La réception en Algérie

Une fois retourné en Algérie, vous n’aurez rien à faire à part attendre l’arrivée de la marchandise. Le transitaire s’occupera pour vous de toutes les démarches administratives de dédouanement. Il vous appellera ensuite pour venir réceptionner votre marchandise.

Pour le prix de la prestation, il varie selon plusieurs facteurs que sont la taille des cartons, la marchandise qui s’y trouve et la grille tarifaire du transitaire. En général, chaque carton vous coûtera entre 14.000 et 18.000 DA (70 à 90 euros).

Les 40 kilos de l’avion

Il est aussi possible de transporter une partie de la marchandise avec vous sur le vol retour depuis la Turquie. Selon le billet d’avion, vous pourrez ramener jusqu’à 40 kilos de vêtements, mais faites bien attention à ne pas ramener plusieurs unités du même modèle. Sinon, elle sera saisie pour importation déguisée destinée à la revente.

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